Les mots entre mes mains, Guinevere Glasfurd

Les mots entre mes mainsMon avis : ♥ ♥ ♥

Un roman étonnant. De prime abord, je pensais à une jolie romance purement fictive. Et puis en fin de bouquin, l’auteur cite ses sources et dévoile l’existence réelle d’Helena auprès de René Descartes. Du coup, la jolie romance prend un nouveau ton. Celui de la face intime du philosophe Descartes, qui se révèle touchant dans cet amour fidèle pour une jeune fille en-dessous de sa condition. Un roman au final instructif et plaisant à lire.

Résumé :

Helena Jans est une jeune fille peu ordinaire. Elle sait lire et un peu écrire alors qu’elle n’est que servante d’un libraire d’Amsterdam. Un jour, son maitre héberge un hôte illustre, René Descartes. Ce dernier est exigeant et ne veut pas être dérangé. Helena est chargée de le servir. Consciencieuse, elle s’acquitte de sa tâche à la perfection. Et va finir par intriguer ce savant taciturne, qui va peu à peu se laisser apprivoiser par la jeune servante.

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La fabrica, Maryline Fortin

la-fabricaMon avis :

Morbide, cru et parfois révulsant, ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains. Très intéressant cependant car il met en lumière ce qu’ont dû être les débuts de l’anatomie. L’auteur a écrit ce roman suite à ses recherches pour sa thèse de doctorat ; le fond historique est donc rigoureusement documenté et ajoute à la valeur du récit.

Résumé :

Blaise est né dans une famille pauvre mais il a un don : il dessine merveilleusement bien ! Un jour, il croise la route d’un peintre formé à l’école italienne qui va le prendre sous son aile. Malheureusement, le destin est parfois capricieux et Blaise va se voir contraint de travailler pour un célèbre anatomiste parisien qui va l’obliger à se lancer à la recherche de cadavres.

La controverse de Valladolid, Jean-Claude Carrière

Carriere-Jean-Claude-La-Controverse-De-Valladolid-Livre-893721096_LMon avis : ♥ ♥ ♥

Ce roman de Jean-Claude Carrière, au-delà de son intérêt historique, invite le lecteur à de multiples réflexions : de quel droit décide-t-on de la valeur des êtres vivants ? pourquoi agir et réfléchir ensuite ? pourquoi détruire d’abord et ensuite réfléchir à la manière de guérir toutes les blessures ? pourquoi avoir peur de la différence ? etc. Mais une réflexion qui m’est venue également à la lecture de ce roman, c’est que nous sommes, aussi bien au XXIe siècle qu’au XVIe, conditionnés par le discours commun. Même si je ne cautionne pas le discours de Sepúlveda et si je suis révoltée par ses propos, je ne peux m’empêcher de penser que cet homme était de bonne foi quand il parlait, il était convaincu que ce qu’il disait était la stricte vérité. Nombreux sont ceux qui affirment détenir la vérité et sont persuadés d’avoir raison, alors, à tous ceux-là, je demande un peu d’humilité et de remise en question car la vérité est une notion aussi instable que le vent.

Résumé :

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Ce premier article de la Déclaration universelle des droits de l’homme nous apparaît à nous, citoyens du XXIe siècle, comme une évidence. Mais il n’en a pas toujours été ainsi comme tout un chacun le sait. À une époque, juste après la découverte d’un nouveau continent, des hommes se posaient une question primordiale : les habitants du nouveau monde sont-ils des hommes ?

D’un côté, Bartolomé de Las Casas, prêtre et homme de terrain ayant côtoyé de nombreuses années les Indiens d’Amérique, de l’autre, Ginès Sepúlveda, philosophe et fin polémiste. Entre les deux, le légat du Pape qui doit se prononcer sur l’humanité des Indiens à l’issue de la controverse.

Las Casas a d’abord été, comme tous les conquistadores espagnols, propriétaire d’une terre avec droit de vie et de mort sur tous ses habitants. Et puis, suite au discours d’un prêtre, il s’est révolté contre l’esclavagisme auquel étaient soumis les Indigènes. Ce fut le début d’un long combat acharné pour faire reconnaître à la chrétienté l’humanité de ces Indigènes. Lors de la controverse, il parle avec emportement, passion, il ponctue son discours d’anecdotes plus révoltantes les unes que les autres. Voici un extrait du début de la controverse : « Une autre fois, Éminence, toujours à Cuba, on s’apprêtait à mettre à mort un de leurs chefs, un cacique, qui avait osé se rebeller, ou protester, et à le brûler vif. Un moine s’approcha de l’homme et lui parla un peu de notre foi. Il lui demanda s’il voulait aller au ciel, où sont la gloire et le repos éternels, au lieu de souffrir pour l’éternité en enfer. Le cacique lui dit : « Est-ce que les chrétiens vont au ciel ? Oui, dit le moine, certains d’entre eux y vont. Alors, dit le cacique, je préfère aller en enfer pour ne pas me retrouver avec des hommes aussi cruels! »».

Quant à Ginès Sepúlveda, c’est un philosophe qui n’est guère sorti de sa tour d’ivoire, il s’appuie sur des textes de grands penseurs pour prouver que si on peut reconnaître que les Indiens sont des hommes, ce sont des hommes de race inférieure, raison pour laquelle les Espagnols ont le droit, selon lui, de les soumettre. Il est convaincu de la justesse de son raisonnement et de la vérité de sa religion. Il n’admet pas que les Indiens puissent adorer d’autres dieux que le sien et se révolter contre l’abjuration qui leur est demandée.

Les deux hommes vont s’affronter à coups d’arguments plusieurs jours durant. Une lutte qui se terminera par la reconnaissance de l’humanité des Indigènes d’Amérique. Malheureusement, pour combler le manque de main-d’œuvre, les conquistadores vont faire appel à d’autres êtres alors considérés comme inférieurs, les Africains.